L’EAU SALE C’EST PAS NORMAL

L’eau sale, c’est pas normal! 

Malgré de nombreux efforts environnementaux des dernières années, notre lac demeure dans un équilibre fragile et il est  temps de poursuivre ou de mettre en œuvre de nouvelles initiatives susceptibles d’améliorer cette situation. En ce sens, j’ai voulu écrire cet article afin de sensibiliser les gens sur un sujet qui peut paraître banal  mais qui a probablement un impact plus important qu’on pourrait le croire: celui de l’entretien de nos fossés, plus encore ceux près d’un plan d’eau.    

Rappelons qu’il n’est pas souhaitable que l’eau des rivières et autres cours d’eau devienne complètement brune à la suite de fortes pluies. Il faut plutôt voir cela comme un signal d’alarme qui nous avise qu’une grande quantité de sédiments et vraisemblablement de fertilisants est en train de se diriger vers le prochain lac. Avec une superficie de plus de 51km2 et d’une longueur de 25 km, le Grand lac Saint-François possède un important bassin versant susceptible de déverser dans le lac d’importantes quantités de sédiments et de matières organiques qui pourraient étouffer  petit à petit notre lac. Les fossés agricoles et routiers sont nombreux autour du lac. S’ils sont mal conçus et/ou mal entretenus, ils contribueront au vieillissement accéléré de notre lac. 

Heureusement, d’importants travaux de recherche réalisés près de chez nous en Estrie entre 1996 et 2002 ont permis de mettre au point une technique efficace  d’entretien des fossés qui minimise l’érosion et le déplacement des sédiments vers l’aval  tout en étant moins coûteuse que les techniques traditionnelles. Cette méthode s’appelle “la méthode du tiers inférieur”1,, qui, en résumé, demande de recreuser seulement la partie du ⅓ inférieur du fossé en laissant la partie supérieure en végétation pour réduire l’érosion (voir figure). Elle constitue maintenant la norme au sein du ministère du Transport du Québec (MTQ). Mais puisque notre lac est bordé de plusieurs chemins privés qui ne sont pas sous la responsabilité du MTQ, il nous revient donc de connaître et d’utiliser ces techniques afin de limiter les impacts de notre présence sur les rives de notre lac. Je vous invite donc à rester vigilant face à ce problème d’érosion et à agir là où vous êtes en mesure de le faire en demandant, par exemple à  votre contracteur, d’appliquer cette méthode. Ensemble nous pouvons faire différence. 

  1. Méthode du tiers inférieur:  http://www.bv.transports.gouv.qc.ca/mono/1079063.pdf 
  2. Fiche promo et Norme 1401  http://www.bape.gouv.qc.ca/sections/mandats/sherbrooke-410/documents/PR5-1_annD.pdf 

David Bouchard